La sélection du procédé de pressage dans la production d’huiles végétales est cruciale pour répondre aux exigences variées des marchés internationaux. Deux technologies dominent : le pressage à chaud et le pressage à froid. Chacune présente des avantages distincts, adaptés à différents types d’huile et profils de marché. Cet article s’adresse aux responsables techniques et aux décideurs achats des entreprises spécialisées dans les huiles de soja, colza et autres oléagineux, en offrant une analyse pointue et pragmatique pour optimiser choix technique, qualité et rendement.
Le pressage à chaud consiste à chauffer la matière première avant extraction, généralement entre 90 et 120 °C, afin d’augmenter le rendement en huile. Cette méthode facilite la rupture des parois cellulaires, mais induit une légère dégradation thermochimique des nutriments sensibles.
En contraste, le pressage à froid maintient la température en dessous de 50 °C, garantissant une meilleure conservation des antioxydants, saveurs et qualités nutritionnelles. Ce procédé aboutit cependant à un rendement en huile moindre, souvent 5 à 10 % inférieur au pressage à chaud.
| Critère | Pressage à chaud | Pressage à froid |
|---|---|---|
| Température opératoire | 90-120 °C | < 50 °C |
| Rendement moyen en huile | > 95 % de l’huile contenue | 85-90 % |
| Profil nutritionnel | Modéré, légère perte d’antioxydants | Excellent, conservation optimale des nutriments |
| Coût énergétique | Plus élevé, chauffage nécessaire | Plus faible |
| Applications typiques | Huiles raffinées, aliments transformés | Huiles vierges, segments santé et bio |
Le soja et le colza présentent des caractéristiques physico-chimiques distinctes, dictant leur meilleure compatibilité avec l’un ou l’autre procédé :
La notion d’« adaptation à la matière première » s’impose comme guide stratégique : il faut évaluer à la fois la qualité désirée sur le marché cible et les contraintes technico-économiques.
Dans le contexte accru de la réglementation environnementale et des exigences de développement durable, les entreprises investissent dans des technologies écoénergétiques : presses à haut rendement avec récupération de chaleur, optimisation des cycles de pressage et réduction des déchets.
Par exemple, l’introduction de presses semi-continues dotées de systèmes intelligents de contrôle thermique permet d’abaisser la consommation énergétique de 15 à 20 % tout en améliorant la constance de la qualité des huiles obtenues.
En définitive, la maîtrise des procédés et le partage d’expériences terrain sont des leviers clés pour adapter la production aux demandes du marché tout en minimisant l’empreinte environnementale.
Plusieurs ingénieurs-ouvriers ont documenté leurs expériences avec les deux procédés dans des conditions industrielles réelles :
Ces expériences confirment qu’un équilibre délicat entre process technique, coûts énergétiques et exigences marchés est indispensable.